La signalisation ferroviaire française entre dans une phase décisive. En 2026 ou 2027, des signaux latéraux seront, pour la première fois, éteints sur une ligne classique au profit de l’ERTMS. Décryptage de cette bascule technologique et de son impact direct sur les métiers et les formations en signalisation.
Pourquoi parle-t-on tant d’ERTMS ?
L’European Rail Traffic Management System (ERTMS) est le système européen de gestion du trafic ferroviaire. Il combine deux briques : l’ETCS (signalisation embarquée) et le GSM-R (radio numérique). Concrètement, l’ERTMS remplace progressivement les signaux latéraux et les systèmes nationaux historiques par une signalisation continue, transmise directement au conducteur, et compatible d’un pays européen à l’autre.
Trois objectifs majeurs structurent ce déploiement :
- Plus de capacité : l’espacement dynamique entre trains permet de faire circuler davantage de circulations sur la même ligne.
- Plus de sécurité : la vitesse autorisée est contrôlée en continu côté embarqué, sans dépendre uniquement de la lecture des signaux par le conducteur.
- Plus d’interopérabilité : un train équipé ERTMS peut circuler sur l’ensemble du réseau européen équipé, sans changer de système de signalisation à chaque frontière.
2026, le « grand soir » de la signalisation classique
Le déploiement français a longtemps été plus lent que celui de plusieurs voisins européens. 2026 marque une accélération nette : pour la première fois, une ligne classique va voir ses signaux latéraux éteints, l’ERTMS prenant le relais en signalisation embarquée.
Sur la LGV Paris-Lyon, le déploiement permettra de passer de 13 à 16 trains par heure en heure de pointe — soit l’équivalent de trois rames supplémentaires par heure sans augmenter l’infrastructure. À l’horizon 2030, l’objectif est d’équiper la quasi-totalité des lignes à grande vitesse françaises, et de couvrir près de 3 000 kilomètres de lignes en 2032.
Côté financement, SNCF Réseau a obtenu une subvention de 31 millions d’euros de la Commission européenne pour équiper 252 véhicules ferroviaires. La Caisse des Dépôts apporte un financement équivalent. Au total, ce sont donc plus de 60 millions d’euros mobilisés pour cette seule phase d’embarcation.
Quel impact pour les métiers de la signalisation ?
Cette mutation transforme profondément les besoins en compétences. Les techniciens de signalisation doivent désormais cultiver une double culture : maintenir les systèmes historiques (qui restent en service plusieurs années sur de nombreuses lignes) tout en montant en compétence sur l’ETCS Niveau 1 et 2, les balises Eurobalise, le RBC (Radio Block Centre) et les protocoles GSM-R.
Concrètement, les chantiers ERTMS réclament des profils maîtrisant :
- les fondamentaux de la signalisation ferroviaire française (block, contrôle de vitesse, KVB, TVM) ;
- les spécificités de l’ETCS Niveau 1 (balises ponctuelles) et Niveau 2 (transmission radio continue par GSM-R) ;
- les procédures opérationnelles en mode ERTMS, dégradé inclus ;
- la cohabitation avec les systèmes historiques pendant la phase de transition.
Se former aux nouveaux standards
Chez Rail Compétences, nous proposons une formation ERTMS / ETCS Niveau 1 & 2 conçue pour faire monter rapidement en compétence agents PN, RPTX, TES C, TES F, ainsi que les profils maintenance signalisation. La formation alterne théorie, lecture de schémas et mises en situation sur plateau technique.
Compte tenu du calendrier de déploiement, anticiper la montée en compétence dès 2026 est un levier opérationnel essentiel pour les opérateurs comme pour leurs sous-traitants.
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